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 [CELT] Légende : le champ de pierre

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Messages : 387
Date d'inscription : 02/06/2009

MessageSujet: [CELT] Légende : le champ de pierre   Dim 27 Jan - 19:56

Avant propos :
Je vous préviens d’avance que c’est une histoire qui finit mal.

Pour ceux qui n’ont donc pas quitté la salle : c’est l’histoire d’un brave garçon qui s’appelait Pierre… En fait on va l’appeler Pietrrick parce que finalement ça fait plus Breton, et donc plus CELtique.

Pietrrick donc cultivait un champ, normal pour un paysan breton après tout, et Pietrrick était marié avec Marie (que nous allons appeler Maellys parce que c’est plus CELt et que c’est un prénom que j’ai toujours trouvé joli). Pietrrick et Maellys filait le parfait amour, et Pietrrick travaillait la terre pour vendre le fruit de son travail, et Maellys … ben elle faisait les travaux de la maison. Une situation bien masochiste comme le voulait l’époque et le lieu.
Je disais donc que Pietrrick cultivait un champ, mais en fait il y en avait deux, parce que Maellys aussi avait hérité du sien, et qu’ils avaient décidé de faire communauté des biens au mariage. Vous me direz ils auraient pu faire des deux champs un seul, mais ça va à l’encontre de l’histoire. Il fallait donc que Pietrrick se mette à la tâche pour s’occuper du second champ. Surtout que le premier champ à lui tout seul ne suffirait plus, si nos deux amis se décidaient à fonder une petite famille.
Franchement quand Pietrrick voyait l’étendue de la chose, et qu’il finissait une journée sur le premier champ, il avait vraiment la flemme de s’attaquer aux deuxième. Surtout que celui-ci se couvrait tous les jours un peu plus de pierres et de ronces. Flème.. Flème… Flème… Mais quand même il fallait quelque chose. Un beau jour donc, il se leva de bonne humeur, plein de volonté et Allez zou, j’me lance. Un peu comme le matin quand on est bien au chaud dans sa couette et qu’il faut aller, bosser, ou en cours et qu’on n’a vraiment pas envie mais qu’on se lève d’un coup…

« Bon, ça y est Maelyss.. ; Aujourd’hui c’est le jour J. J’en suis certain. On va défricher le champ moi-je dis ! »
« Ah, oui, d’accord, bon ben pourquoi pas » répondit Maellys. De toute façon elle était tellement dans le pâté, à peine réveillée qu’elle ne pouvait pas vraiment répondre autre chose.

Bref, malgré un léger crachin du matin, voici homme et femme sur le champ en train de retirer les pierres. Au début plein de volonté, mais à force qu’ils commençaient à avoir les bras qui fatiguent.
Tout couvert de sueur (mais pas du tout dans le sens sexy), Pietrrick leva enfin le nez, pour constater que c’est à peine s’ils avaient fait un quatorzième de la surfa du champ, et que la pile de pierres qu’ils avaient amassés était ridiculement petite. Pfff… Claqués les gens.

« Bon, ça y est Maellys. Aujourd’hui, ben c’est-y pas vraiment le jour J moi-je dis ».

Pour le coup, Maellys ne répondit rien. Non seulement parce qu’elle était trop fatiguée mais aussi parce qu’elle avait la gorge trop desséchée pour parler. Finalement, ils avaient tout les deux tellement transpiré qu’ils en avaient froid.

Or, passait par là, comme de par hasard, un groupe de sept Korrigans (ils auraient pu être des nains, mais comme on est en pays CELTique). Et naturellement, comme les Korrigans, ça à l’ouïe assez fine et une curiosité acerbes, ceux-ci avaient choppé la conversation (monogame) de Pietrrick et Maellys. Et comme on trouve deux catégories de Korrigans, les sympas et les pas cools, ceux-ci faisant justement parties de la première. Ils décidèrent donc de donner un coup de main au couple d’agriculteurs.
Et hop hop hop, se passant les pierres en chaîne, l’un à l’autre, ils eurent bien vite fait de les superposer en alignement du plus petit au plus grand (un peu comme des menhirs). Et Pietrrick et Maellys étaient tellement abasourdis par la qualité et la rapidité du travail, qu’ils insistèrent pour leur offrir un bon repas en retour.
Voici donc notre petite compagnie en route vers la petite maison de nos hôtes. Mais comme la journée était déjà assez avancée, Maellys s’inquiétait de ne pouvoir éplucher assez de légumes pour faire une soupe digne de ce nom aux invités. Qu’à cela n’empêche, voici quatorze petites mains et sept petits couteaux qui s’affairent à épluchez chacun une carotte, une pomme de terre, un navet, une igname, une gousse d’aïl, une courge et une claytone de cuba. Et donc Maelyss eut tout juste de quoi faire sa soupe pour les sept Korrigans, qui n’naturellement n’en laissèrent pas une goutte.

Le lendemain donc, vint le temps du labour et de la semence. Et Pietrrick et Maellys, plein de volonté qui se lèvent et foncent au champ… et là… grand moment de solitude.

« Ce champ est tellement grand qu’on n’en verra jamais le bout »

Alors forcément, totalement découragés, ils s’assoient sur une pierre, vous savez, un des monticules placés par les Korrigans la veille. Ils se disent que bien sur les Korrigans pourraient revenir, mais travailler à la chaine pour labourer un champ, ça ne parait pas très logique.

N’en déplaise, voici venir les sept compères qui ardemment se mettent à la tâche. Et quoi qu’on en croit, à la fin de la journée, voilà le champ complètement labouré et prêt pour la semence. Forcément, Pietrrick et Maellys sont loin d’être ingrats envers leurs bienfaiteurs qui sont donc invités à la table du souper.

« Mais il est bien tard pour que je finisse d’éplucher mes légumes pour le souper » s’inquiète encore Maellys.

Mais qu’à cela ne tienne et on épluche chacun une carotte, une pomme de terre, quelques épis de maïs, une igname, une gousse d’aïl, une courge et une claytone de cuba. Donc Maelyss eut tout juste de quoi faire sa soupe pour les sept Korrigans (à laquelle elle ajouta quand même une pointe de crème qu’elle avait eu le temps de battre après avoir trait la chèvre puisque les Korrigans lui avaient laissé le temps de sa journée), qui naturellement n’en laissèrent pas une goutte.

Le lendemain ressembla à la veille et à l’avant-veille, mais ce fut pour la semence cette fois que les Korrigans vinrent apporter leur aide, et le soir venu, on mangea de la soupe à une carotte, avec une pomme de terre, du maïs, une igname, du paprika, une courge et une claytone de cuba.

L’année fut bonne pour Pietrrick et Maellys. Elle fut même si bonne qu’ils réussirent à faire pousser de la claytone de cuba. Au moment de la récolte, les petits assistants agriculteurs étaient au rendez-vous. Et il en fut ainsi pendant plusieurs saisons. Et Pietrrick et Maellys étaient tellement heureux qu’ils attendirent un heureux évènement, et furent heureux que le deuxième champ s’avère heureusement utile. Ce qui rendit heureux les Korrigans.

J’aurais pu arrêter mon histoire là, Ca aurait été cool pour eux de rester copains avec les Korrigans et avoir pleins d’enfants. Du moins juste assez pour profiter des avantages « famille nombreuse » mais pas trop pour ne pas se taper trop d’impôts mais je vous ai dit qu’elle finissait mal, et de toute façon je suis obligée de poursuivre parce que là fin à quand même son importance.


Mais quelques mois plus tard, quand les Korrigans revinrent pour le labour du champ de Pietrrick et Maellys, quelle surprise de ne trouver personne. Les Korrigans se regardèrent entre eux et se dirent qu’ils allaient revenir le lendemain. Mais le lendemain toujours personne. Alors ils se résolurent à revenir le lendemain.
Mais le troisième jour, il n’y avait toujours personne. Il fallait faire quelque chose pour savoir ce qui se passait. Alors les Korrigans firent appel a des amis du village des Korrigans, afin de mener l’enquête. Et ils allèrent par monts et par vaux, de jour et de nuit en armor et en argoat et ils cherchèrent et cherchèrent et cherchèrent.
Et finalement ce n’est qu’un tout petit korrigan très jeune, dont les oreilles pointaient à peine, qui eut l’idée d’aller voir à la maison de Pietrrick et Maellys, et là, formant une petite échelle en se hissant les uns sur les épaules des autres, les Korrigans parvinrent à regarder par la fenêtre. Et là, qu’est-ce qu’ils virent : Maellys qui était alitée, le visage, pâle, bien pâle… Et Pietrrick qui était assis près d’elle et qui pleurais doucement. Alors on fit venir des médecins Korrigans, puisque la médecine des hommes n’avait pas pu la guérir. Mais les jours passaient et Maellys s’affaiblissait, et il n’y avait plus de soupe pour égayer le foyer. Tout ce qu’on voyait c’était Piettrick qui de temps en temps allait se pencher sur un petit couffin d’où venait quelques braillements par-çi par là. Cela semblait être sa seule source de consolation.


Et puis vint ce qui devait advenir. Maellys quitta lentement ce monde. Et les Korrigans, qui avaient été si triste de ne rien pouvoir faire se trouvèrent encore plus triste. Et ils se mirent à pleurer. Et ils pleurèrent tellement que leurs larmes coulèrent en une rivière, la Laita, qui coule à Quimperlé. Bon, ça aurait pu être la Vilaine, mais je trouve qu’il y a trop d’histoire qui se focalisent sur elle et qui oublie d’autres cours d’eau assez chouette en Bretagne.
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